Rochelle Prasad, championne de l’innovation parascolaire à Surrey

De ses origines de réfugiée à son poste de conseillère en éducation auprès des Nations Unies, l’expérience de l’éducatrice Rochelle Prasad avec le Prix confirme l’importance du partenariat parascolaire entre le conseil scolaire du district de Surrey et le Prix Canada pour les jeunes de toute la Colombie-Britannique.

Pour Rochelle, l’éducation a toujours dépassé le cadre des manuels scolaires et de la salle de classe. Pour elle, il s’agit de libérer le potentiel humain au-delà des cultures, des langues et des circonstances. En tant que professeure d’université, conseillère en politique éducative auprès des Nations Unies et membre du conseil d’administration du Prix international du Duc d’Édimbourg – Canada, elle apporte une perspective unique à l’un des partenariats éducatifs les plus innovants du Canada.

Rochelle a grandi dans la ville multiculturelle et animée de Surrey, en Colombie-Britannique. Ses parents ont fui les troubles politiques de leurs Fidji natales et sont venus au Canada avec une éducation formelle limitée, ce qui a éveillé en elle une passion pour l’apprentissage dès son plus jeune âge. Dès son enfance, Rochelle a compris que l’apprentissage se fait partout et que chaque jeune mérite de pouvoir découvrir son propre potentiel.

Aujourd’hui, elle aide le district scolaire de Surrey à intégrer le Prix dans son programme parascolaire, car ce district est l’un des tout derniers partenaires opérationnels en matière d’éducation du Prix Canada. Ce partenariat permettra aux élèves d’accéder au cadre du Prix pendant les heures de cours, plutôt que dans le cadre d’une activité parascolaire.

Une fondation bâtie sur l’héritage familial

La philosophie éducative de Rochelle ne s’est pas développée du jour au lendemain et est profondément ancrée dans le parcours de résilience et de déplacement de sa famille.

« Mes parents sont issus d’une tradition de travail forcé. Ils ont été contraints de déménager à plusieurs reprises, ce qui a toujours perturbé leur scolarité », se souvient-elle. « Ils n’ont pas terminé leurs études secondaires, mais ils comprenaient que l’éducation était la voie vers de nouvelles opportunités. C’est le fondement de tout ce que je fais. »

Enseignant à l’université de Berkeley et à l’université Canada West Vancouver, elle a pu constater à quel point les structures éducatives traditionnelles peuvent soit autonomiser, soit exclure les étudiants issus de milieux divers.

« Lorsque vous comprenez que les étudiants viennent d’horizons très différents, parlent des langues différentes et ont des contextes culturels différents, vous réalisez qu’une approche unique de l’éducation ne suffit pas », explique-t-elle. « Les jeunes ont besoin de multiples voies pour découvrir leurs points forts. »

Le Prix comme innovation pédagogique

Le parcours de Rochelle, qui l’a finalement amenée à devenir une championne du Prix Canada, a été déclenché par une expérience qui l’a poussée à sortir de sa zone de confort. Tout a commencé lorsque ses parents l’ont inscrite chez les Guides.

« Mes parents m’ont inscrite, et j’étais à la fois hésitante et nerveuse au début », dit-elle en riant. « Mais les Guides m’ont apporté des amitiés durables et un sentiment d’appartenance à une communauté. J’y suis restée pendant près de huit ans. »

Cette première incursion dans l’inconnu s’est transformée en une expérience transformatrice grâce à ses efforts pour obtenir les prix Bronze, Argent et Or. Afin d’obtenir les trois niveaux du prix, elle s’est fixé des objectifs personnels dans quatre domaines clés sur une période de plusieurs mois : le bénévolat, le développement des compétences, l’activité physique et un voyage d’aventure. En poursuivant et en atteignant ses objectifs avec ténacité, Rochelle a découvert une nouvelle confiance en elle et bien plus encore.

Le fait d’avoir obtenu son prix Or de manière indépendante grâce au Centre virtuel du Prix tout en fréquentant l’université lui a enseigné de précieuses leçons sur l’accessibilité et l’inclusion numérique, qui continuent d’influencer son engagement actuel.

« La médaille m’a appris que l’apprentissage ne s’arrête pas à la porte de la salle de classe », dit-elle. « En tant qu’éducatrice aujourd’hui, je vois à quel point cette intégration est puissante. Surtout pour les élèves qui pourraient ne pas s’épanouir dans un cadre scolaire traditionnel. »

Le modèle Surrey : innovation parascolaire

Le district scolaire de Surrey accueille plus de 74 000 élèves dans l’une des communautés les plus diversifiées du Canada sur le plan linguistique et culturel. L’approche parascolaire du Prix Canada répond à ces complexités en intégrant ses activités directement dans l’expérience scolaire.

« La diversité de Surrey est sa plus grande force, mais c’est aussi son plus grand défi d’un point de vue éducatif », explique-t-elle. « Lorsque le Prix fait partie de la journée scolaire, il élimine les obstacles. Les élèves n’ont plus à choisir entre leurs obligations familiales, leurs emplois à temps partiel et leur développement personnel. Ils peuvent équilibrer et intégrer toutes ces choses dans leur vie quotidienne. »

Les premiers résultats des programmes pilotes sont encourageants. Les enseignants font état d’un engagement accru des élèves issus de divers milieux démographiques, tandis que les élèves expriment un lien plus fort avec leur apprentissage et leurs objectifs futurs.

« Nous ne nous contentons pas d’ajouter un programme supplémentaire, nous repensons la manière dont les écoles peuvent reconnaître et développer l’ensemble des capacités des élèves », note Rochelle. « Un élève qui éprouve des difficultés scolaires peut découvrir le leadership grâce au service communautaire. Une personne confrontée à des barrières linguistiques peut renforcer sa confiance en elle grâce au développement de ses compétences. Je peux attester de l’impact de ces expériences de première main. »

Perspective mondiale, impact local

L’expérience internationale de Rochelle en matière d’éducation confirme la volonté de Surrey d’adopter une approche plus large de l’éducation locale. En tant que conseillère en politique éducative auprès des Nations unies, elle a pu constater à quel point différents systèmes à travers le monde sont confrontés à des défis similaires.

« J’ai travaillé avec des systèmes éducatifs sur plusieurs continents, et le défi est universel. Comment servir une population étudiante diversifiée tout en maintenant la qualité et l’équité ? », s’interroge-t-elle. « Ce qui m’enthousiasme dans le modèle de Surrey, c’est qu’il aborde ces questions de manière proactive et systématique. »

Son travail de construction d’écoles à l’échelle internationale par le biais de sa fondation Spark a renforcé sa conviction que l’éducation doit être à la fois tournée vers le monde et adaptée au contexte local, ce qui est exactement ce qu’offre le cadre du Prix grâce à son réseau international et à sa mise en œuvre locale.

L’impératif d’investissement

Pour Rochelle, les arguments en faveur du soutien à l’expansion et à la portée continues du Prix Canada sont profondément personnels. Elle les présente comme un investissement, et non comme une œuvre caritative. « Chaque dollar investi dans le développement des jeunes par l’apprentissage par l’expérience rapporte des dividendes en créant des communautés plus fortes et des leaders plus compétents », affirme-t-elle.

Elle est particulièrement passionnée par le financement de programmes, tels que le modèle de Surrey, où l’investissement des donateurs contribue à inspirer d’innombrables élèves de tous horizons et de toutes capacités à développer leur plein potentiel dans toutes les communautés du Canada.

« Lorsque vous soutenez des cadres comme celui-ci, vous n’aidez pas seulement un élève, vous validez une approche qui peut transformer des systèmes éducatifs entiers », explique-t-elle. « Ces jeunes de Surrey contribuent déjà à leurs communautés, résolvent déjà des problèmes et jouent déjà un rôle de premier plan. Notre travail consiste à leur donner les outils nécessaires pour amplifier cet impact. »

De débutante prudente chez les guides à conseillère auprès des Nations unies et innovatrices en matière d’éducation, Rochelle illustre le pouvoir transformateur du Prix.

« Le Prix m’a montré que l’apprentissage se fait partout, pour tout le monde. Aujourd’hui, nous prouvons que cela fonctionne à grande échelle. C’est un investissement dans notre avenir collectif qui en vaut vraiment la peine. »

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